Jusqu'où me suivrez-vous
avec ces salades à marcher sur les coquilles? C'est parce que j'ai
enfin trouvé une façon d'exprimer mon point de vue au sujet du
souci du détail.
Je vois souvent les gens,
qui d'ordinaire ont l'esprit très ouvert à la protection de
l'environnement, jeter de menus articles à la poubelle. Ce sont des
enveloppes, des bouchons de métal, une bouteille de plastique
consignée. L'objet est embarrassant même si petit, mais il est
hors de question de la traîner quelques mètres de plus; la
gourmande poubelle ne se plaindra jamais qu'on la nourrisse de ce
précieux repas.
Pourquoi alors vous
entretenir au sujet d'un ridicule article qui à lui seul ne causera
pas la destruction des milieux naturels de la municipalité! C'est
parce que j'ai trouvé un type de rebut qui cause un sacré émoi au
sein des services publics. J'ai nommé le gras de bacon.
Vous avez certainement vu
comme moi des photos, propagées à l'aide de nos médias sociaux,
qui montrent des chantiers complets, creusés pour déboucher les
canalisation d'égouts. Les internautes accompagnent ces photos de
grands avertissements : « Oh mon soupir, ne jetez pas vos
restes de cuisson matinale de porc salé dans le lavabo! » Ils
ont raison.
Avez-vous remarqué qu'il
ne s'agit que de quelques millilitres de liquide bouillant dont il
est question dans nos habitudes, ce à raison de quelques fois par
semaine. Car il faut se rappeler que les œufs et le bacon ne sont
pas recommandables de façon quotidienne dans une alimentation
équilibrée. Le sujet est très scientifique et diététique.
Je veux plutôt insister
sur la raison qui nous pousse à tenir compte des effets néfastes
sur l'environnement au sujet d'un élément aux allures très
inoffensives. L'équivalent d'une demi-gorgée de gras de bacon, une
fois tous les trois jours, peut infliger de graves dégâts à la
canalisation de votre municipalité. Personne ne sonnera à votre
porte pour vous le reprocher et aucune enquête médicale ne sera faite à votre intention. Et en plus ce gras est biodégradable!
Ça va, on le savait déjà,
ma grand mère m'a montré comment me servir d'une boîte de conserve
pour me débarrasser du liquide, une fois solide et le mettre aux
ordures, le dossier est clos!
Ici je sens qu'il faut
porter une attention à tous les menus objets qui semblent destinés
au dépotoir, ou à la rue – Dieu ait son asphalte en pitié. Je
pense qu'il nous faut prendre le même regard soucieux avec une
petite enveloppe, un bouchon de métal ou une bouteille de plastique,
qu'avec le gras de bacon. Il faut le conserver jusqu'à lui trouver
un réceptacle le plus approprié possible.
Ainsi on pourra espérer qu'il soit recyclé. Ensuite, ce sera aux
services concernés à en assumer la charge; on ne sait exactement
quel est le véritable chemin d'une matière recyclable, mais au
moins on aura eu le loisir d'avoir aidé au cycle de vie de cet
article.
Car lorsqu'on met le dit
article à la poubelle, en apparence insouciante et gourmande, il se
produit un cercle vicieux, comme on le connait depuis l'ère
industrielle, cheminement horrible qui a si bien gâché notre vie. À ce
moment là le rebut est certain de se diriger vers le dépotoir
auquel la poubelle est garante. L'objet lancé à la casse sera à
coup sûr nouvelle constituante d'une immense montagne, existante ou en progrès,
hyper-toxique par dessus le marché.
J'espère vraiment avoir
mis le doigt sur un élément comparatif qui saura sensibiliser les
derniers citoyens pour qui un petit déchet est plus petit, que
déchet.